Numérique ou papier ? Du papier on a tout dit, le bien et le mal. À la fois son côté chaud et rassurant, mais aussi le fait que produire du papier peut avoir des impacts sur la planète.
S’il est vrai qu’il faut du bois pour produire la pâte à papier, il est important de préciser que ne sont utilisés que des copeaux de bois ou des coupes d’éclairciés. La grande majorité du bois coupé sert à produire des meubles et est utilisé dans le bâtiment ou en menuiserie. Pour en savoir plus sur la production de papier, lisez notre article dédié « Production de papier et forêt durable »
On prête au numérique des vertus innombrables, notamment le fait qu’on n’utilise plus de papier ! Mais il faut regarder un peu plus en profondeur la réalité du numérique.
Part du numérique dans les émissions de gaz à effet de serre
La part des technologies numériques dans les émissions mondiales de gaz à effet de serre a augmenté de moitié, à savoir de 2,5 % à 3,7 %, entre 2013 et 2019 (source Shift Project, 2019). Les émissions de CO2 des technologies numériques ont augmenté d’environ 450 millions de tonnes depuis 2013 dans les pays de l’OCDE (source Shift Project, 2019).
L’omniprésence des vidéos en ligne et du streaming accentue encore ces problèmes environnementaux. Les vidéos sont un outil de communication dense : 10h de streaming vidéo haute définition stocke autant de données que tous les articles de texte de Wikipédia en anglais réunis (source Shift Project, 2019).
En 2018, le streaming vidéo a produit plus de 300 MtCO2, ce qui équivaut aux émissions de gaz à effet de serre produites par l’Espagne (1 % des émissions mondiales). Les émissions de gaz à effet de serre des vidéos à la demande (c’est-à-dire Netflix, Amazon Prime…) sont équivalentes aux mêmes niveaux que le pays Chili (100 MtCO2eq/an).
Consommation d’énergie
Le secteur du numérique se caractérise également par une consommation d’énergie croissante : le secteur des TIC connaît une augmentation annuelle de 4 % de l’intensité énergétique. Cela contraste avec l’intensité énergétique du PIB mondial, qui diminue de 1,8 % par an (Shift Project, 2019)
La consommation d’énergie directe causée par 1 dollar investi dans les technologies numériques a augmenté de 37 % entre 2010 et 2019, ce qui va à l’encontre de l’objectif de l’Accord de Paris de découpler la consommation d’énergie et le changement climatique (source Shift Project, 2019).
Le big data accentue encore cet enjeu : la consommation d’électricité des centres de données en 2021 était de 220 à 320 TWh, soit environ 1 % de l’électricité mondiale (source La gauche au Parlement européen, 2022).
Le numérique n’est pas neutre
L’impact du secteur des TIC sur l’environnement est loin d’être négligeable : il est responsable de 2 à 4 % de l’ensemble des émissions. Elle consomme de plus en plus d’énergie, et les effets de diminution de l’énergie de la numérisation dépendent des effets d’augmentation de l’énergie. De plus, les effets d’augmentation de l’énergie sont plus forts que les effets de diminution de l’énergie.
Enfin, le numérique produit une quantité importante de déchets, dont le taux de recyclage est insatisfaisant par rapport au papier.
Pour plus d’informations sur cette opposition « numérique ou papier », lisez cette intéressante étude publié en 2024 par INTERGRAF : Comparing Print and Digital Media report
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